Début juin, quelques mois avant l’élaboration de son Bilan Prévisionnel 2035 dont la publication est prévue en septembre 2023, RTE a présenté son étude « Comprendre et piloter l’électrification d’ici 2035: Les conditions clés pour relever les défis de la transition énergétique». Celle-ci tente d’appréhender l’électrification nécessaire en 2035 grâce à deux volets méthodologiques: une consultation publique effectuée au premier trimestre 2023 avec « l’ensemble des parties prenantes » et l’analyse d’une « enquête inédite », réalisée par Ipsos, auprès d’un échantillon de 11000 à 13000 personnes, sur l’appétence des Français à adopter des comportements favorisant la transition énergétique.

Selon RTE, dans un scénario où tous les objectifs de décarbonation et de renforcement de la souveraineté industrielle seraient atteints, la consommation électrique va fortement augmenter d’ici 2035. Elle devrait osciller entre 580 à 640 TWh, contre 400 TWh actuellement. Cette augmentation substantielle s’expliquerait notamment par le rehaussement de l’objectif européen de baisse des émissions de gaz à effet de serre, et de la volonté française de renforcer sa souveraineté énergétique ainsi que sa réindustrialisation verte.

Avec cette étude, RTE montre qu’il sera possible d’alimenter cette hausse par de l’électricité bas carbone. La production des renouvelable pourra ainsi être doublée, de 120 TWh aujourd’hui à 250 TWh voire 300 TWh d’ici 2035. Sur le plan du nucléaire, RTE a retenu l’hypothèse « prudente » de 350 TWh pour la production moyenne annuelle du parc de deuxième génération actuel, auxquels s’ajoutera une dizaine de TWh supplémentaires pour la production du réacteur de Flamanville 3. En outre, l’équilibre du système électrique nécessitera d’identifier et de développer de nouveaux moyens de flexibilité dès la prochaine décennie.

Du côté des Français interrogés, Ipsos a relevé « une forte prise de conscience sur le caractère inéluctable d’une transformation de la société pour atteindre la neutralité carbone » et une ouverture à « certaines des transformations nécessaires », telles que des actions de sobriété énergétique, l’électrification de la mobilité et des solutions de chauffage. Toutefois, sur d’autres thématiques, comme la réduction de l’usage de la voiture ou celle de l’espace des logements, « il existe des marges de manœuvre possibles mais actuellement contraintes ».

 

 Energie plus – 15 juin 2023 – N°707 – Page 5

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